Narquois

 

 


Prenez le mot et ôtez-lui son suffixe. Reste "narqu-"
Coupez-lui maintenant la tête. Reste "arqu-".
Et cherchez des mots de la même famille.

Vous trouverez arquebuse, arc.

 

 

 


Petite histoire


Il était une fois un soldat qui pour toute arme n'avait qu'un arc. On l' appelait comment ? Un archer ? oui, mais primitivement un arquin. Avec une belle liaison , un (n)arquin. Tant et si bien que  "un arquin" est devenu " un narquin" (phénomène d'agglutination).


Ce narquin, ou plutôt ces narquins car il y en avait moult, s'ils étaient fort occupés en temps de guerre, se trouvaient fort désœuvrés en temps de paix. Plus d'Anglais, plus de solde ! Vagabonds, ils erraient de village en village, se regroupaient en bandes dans les bois, vivant de mendicité et de larcins. Des hors-la-loi. Des voleurs. Des hommes de peu. Voilà ce que l'époque fit de ces pauvres archers démobilisés. Et de "soldat", le mot narquin et sa variante narquois désigna un voleur, un filou.

Ces narquois passaient pour rusés, trompeurs, railleurs, jouaient de vilains tours (des malices) aux bons bourgeois des villes. Ils avaient leurs propres règles, leur propre langage, leur argot : le narquois ! Un langage à leur image. Le nom devient adjectif et son emploi se généralise. Un ton narquois, s'est un ton qui manifeste une ironie ou une raillerie malicieuse. Une histoire intéressante, non ?


Mais soyons honnêtes

 

Cette étymologie n'est pas entièrement reconnue par tous. Pour Pierre Guiraud, linguiste connu (et reconnu) pour son Dictionnaire des étymologies obscures , le mot narquin, soldat, est en effet l'ancêtre du mot narquois. Mais narquin ne résulterait pas de l'agglutination de l'article indéfini (un) et du nom (arquin) ; il y aurait eu  croisement arquin et le verbe narer, de la même famille que narine, nez et qui signifiait chercher en flairant, épier curieusement, espionner. Or, il est bien connu – et je cite Guiraud – que " les dérivés de nez comportent une idée de flair, subtilité, ruse, tromperie, raillerie qui appartient bien au narquin, et qui a prévalu dans le narquois."

Quoi qu'il en soit, avec ou sans carquois, le narquois décoche ses traits plus vite qu'un Iroquois et sait faire viser là où ça fait mal.  

Isamatelote